| Ou est allée la Magie ? |
| Écrit par Roden | |
| Mardi, 31 Mai 2011 00:00 | |
| Mise à jour le Mardi, 31 Mai 2011 06:48 | |
Où est allée la magie ?
« Tu prends la Pilule Bleue, l’histoire s’arrête là, tu te réveilles dans ton lit, et tu crois ce que tu veux. Tu prends la Pilule Rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu’où va le terrier. » Matrix.
« (…) Nous sommes prêts pour les perceptions, pour le ressenti, mais nous avons perdu la liberté d’accès aux actes magiques présents spontanément dans notre quotidien. Notre Double pourtant en ressent la nécessité et nous la transmet. Mais nous l’avons ligoté et il ne peut plus agir en ce sens. Il n’a plus la capacité de nous transmettre le « Voir » qui nous donne accès aux manifestations du monde naturellement magique. Pourquoi avons-nous bâillonné notre Double de la sorte ? D’une part, parce que dans notre histoire personnelle, nous avons croisé à un moment précis la peur des situations et des circonstances. Et nous nous en sommes remis à cette peur. Depuis, nous nourrissons la défaillance de s’être accroché à elle et nous avons honte de n’avoir pas su emprunter, le moment venu, le chemin que seul nous pouvions entreprendre. Nous nous sommes inoculés nous même le poison de croire que nous avons failli. D’autre part, l’autre peur fondamentale qui nous empêche d’accéder à la magie est la honte d’être nous-mêmes et de dévoiler notre vrai visage qui n’est pas celui que les gens qui nous sont proches veulent côtoyer. Suis-je en accord, dans ma manière d’être, avec ce que je pense vraiment et non pas avec ce que je crois que les autres attendent de moi ? Cela implique que l’on parle avec le cœur. »
Nous fréquentons la beauté. Nous nous sommes laissé prendre, parfois, par une joie indicible. Nous avons participé à d’éblouissantes circonstances où nous avons su répondre avec élégance et humilité aux invitations de l’Esprit. Nous sommes les dépositaires d’instants incroyables qui nous ont porté sur des hauteurs à en déglinguer l’altimètre de nos expectatives. Mais où est allée la magie ? Souvenons-nous. Qu’en avons-nous fait? La magie, cet alignement du Réel avec l’Essence des êtres vivants qui ne se manifeste pas quand il veut mais seulement lorsque nous sommes disponibles. Un jour, cela est certain, les biefs se sont ouverts et nous avons vu les soubassements du monde, la proto structure d’où émerge notre réalité. Nous nous sommes reconnus, fils et filles de cette thaumaturgie. Mais nous n’en avons retenu, dans le meilleur des cas, que les sortilèges qui à force de n’être plus côtoyés que par nos habitudes sont devenus, à nos dépends, la lointaine évocation d’un jardin perdu. Ce monde est pourtant fécondé et renouvelé sans cesse par l’enchantement d’un Esprit démiurge. Mais nous ne nous accordons au surnaturel qu’avec parcimonie alors qu’il est permanent, foisonnant et spontané. Le surnaturel est naturel.
« De quoi avons-nous peur ? Nous repoussons cette catharsis. Saurons-nous déplacer ces banches d’humanisme que l’on dresse devant l’horizon de notre nature véritable ? Explorons, explorons sans cesse chaque recoin, chaque proposition. Toutes les pistes sont bonnes à suivre qu’elles soient mathématiques, poétiques, méditatives, technologiques… car toute technique, dans sa forme la plus aboutie s’apparente à la magie. Toute technologie a pour vocation de nous faire aborder le Réel, de pouvoir l’utiliser sans pour autant l’expliquer. La magie n’est ni alternative ni énigmatique. Elle ne devrait pas être occasionnelle. Ce n’est pas un félibre qui ajoure de sa prose initiatrice l’opacité du monde. Ce n’est pas un opus incertum. Elle n’est pas conditionnelle. Elle est une inflorescence de l’Intention. La magie blanche comme une neige blanche, sur laquelle on aurait tracé avec un bâton cette question, quelque part dans l’opalescence de notre paysage intérieur: « Que deviens le blanc de la neige lorsqu’elle fond ? »
Là-bas, la lumière crayeuse des banlieues dans le couchant. Ici les dunes incendiées au voisinage des jusants Et nos paysages ruisselants d’abeilles. Là-bas, ces cités écrasées dans l’épaisseur des léthargies Et ces terrains vagues abandonnés à d’improbables distances. Ici les chemins creux foisonnant de fragrances, Les champs au sommet de l’été qui courent Au bord des lèvres des labours. Là-bas, la pelleteuse du soleil qui déplace Des talus entiers de somnolences…
Magie. Il nous appartient de brouiller la prescription du moment idéal, D’oublier la mathématique des circonstances favorables. Laissons le Mystère contourner l’évidence Du linéaire et des descriptions. Laissons-nous aller, enfin, sur le radeau de fortune De notre cœur dont les pulsations Décrivent notre intime conviction.
Bien-sûr, l’épaisse futaie de l’Intention Familiale, Cette ordonnance végétale à lignées Sur le terroir des généalogies, L’empreinte veineuse qui nous duplique et nous dupe. Là-bas, la peur comme un cheval de frise piaffant sur les frontières, Sur les terrains limitrophes et les murs mitoyens.
Magie. Il nous appartient de bousculer L’épaule raide de ce monde ceinturé Pour entrevoir la lumineuse circonférence Qui poudre notre totalité. Laissons le Mystère nous embarquer Dans le grand huit des non-sens apparents. Glissons-nous dans l’herbier délicat des intuitions.
Là-bas, les idées arrêtées au carrefour des servitudes Et ces ténors de la certitude brandissant Des plaidoiries de revendications Très bas sur le périphérique des lieux communs. Là-bas, les esplanades de zinc tachées d’alibis Où de petits destins s’escamotent à l’abri De gesticulations vineuses sur les gradins de l’ennui. Là-bas, les prêts à taux variables Pour la maison rêvée dans l’appentis Du week end, avec dedans, le petit amour blotti. Ici, les Marches du Sel sur les rivages du Sacré Et ces mères qui font d’espaces sans nom des « Places de Mai ».
Magie. Nous pardonnerons-nous enfin d’avoir cru ne pas être À la hauteur de ce que l’on nous a montré ?
Ecarlate – Turquoise – Citron – Pourpre. Pénétrons l’équation à quatre inconnues Qui jouxte notre Essence. Comprenons et abandonnons la charge métallique De la culpabilité, de la peur, Des rancœurs et du jugement Et avec eux l’encombrante linéation des buts.
Laissons l’Intention être le biographe de nos vies. Soyons faiseurs d’instants présents. Vivons le temps que nous vivons, dans la détente. Car sans détente, je ne suis plus Double. Et sans Double je ne sais et ne vois plus rien… …de la magie qui fait le monde.
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Commentaires
viel auteur du 28eme sciecle
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