| A propos de la mort. |
| Écrit par Selva | |
| Vendredi, 12 Mars 2010 12:01 | |
| Mise à jour le Mercredi, 07 Avril 2010 16:07 | |
Elle est là, dans cette chambre d’hôpital, en train de mourir.C’est elle qui m’a donné la vie, c’est ma mère.Cela fait un mois que la mort nous tourne autour.Par moment je suis submergée. Petite fille abandonnée qui perd sa maman. Le ventre noué, comme si l’on m’arrachait le cordon ombilical invisible qui me relie encore a elle. Et je pleure sur moi, sur ma propre peur de la souffrance et de la mort.Par moment j’observe. Cette femme, cette presque inconnue. La traversé de sa vie.Une vie pleine de devoirs, de sacrifices, d’images à défendre. Une vie avec si peu de rires, si peu de douceur de vivre. Une vie pleine de conditionnements, de morale, de culpabilité. Une vie pour finir là, dans ce lit d’hôpital. Pour finir avec si peu de conscience, abrutis de morphine. Depuis ce matin c’est différent.Comme si la mort ne laissait plus de répits entre ses assauts. L’énergie s’enroule, laissant le corps déjà froid, aux pieds, aux mains. Il n’y a plus que ce cœur qui bat, accrochant la vie dans un dernier effort. Avec le crepuscule, la respiration se fait moins forte. Jusqu’à s’éteindre. Mon corps est parcouru par un frisson glacial. Comme un tremblement intérieur. Prise de conscience. Nécessité de resserrer ma vie, de vivre intensement, pas l’intensité du monde ordinaire, mais celle du guerrier. Je n’ai plus le temps.Plus le temps de gaspiller mon énergie, plus le temps pour les mesquineries, plus le temps de m’apitoyer. « Un guerrier doit s’efforcer de percevoir la beauté de chaque instant et rire de tout le reste.»Il ne me reste que le temps de faire grandir ma conscience jusqu'à l’heure de mon ultime combat.
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Commentaires
2010 a rappelé quatre membres de ma famille. Comme Selva, j'ai été touchée par la grâce de ce cadeau, de l'ultime don que représente la mort de nos bien aimés : l'Enseignement de la Vie.
Et la cuirasse tombe, tout est à sa place, la peur s'incline, la culpabilité s'en va, il ne reste plus qu'à honorer, célébrer, avec nos sourires pleins de larmes et inversement! Quel grand, grand moment...
Et puis il y a les autres. Ceux qui se cachent encore un peu plus derrière leurs cuirasses, retranchés, fermés, confus...
Eux aussi,
nous ouvrent,
le chemin...
Alors...
Danse!
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